Apparemment, ça a du la secouer .Je tapotais à la porte de la salle de bains en attendant quelques réponses, mais rien ne vint. Lacus devait s'en vouloir...S'en vouloir d'avoir roupillé toute la nuit comme une marmotte ... Mais ça arrive à tout le monde bon sang ! ... Enfin je pense...Quoi que si je passais la nuit avec celui que j'aime je n'hésiterais pas ! Mais bon ! La question ne se pose pas ! Ben voui ! Je n'aime personne et personne ne m'aime ! Rappelons-le ! Puis c'est trop tôt pour avoir des pensées cochonnes...Dès le matin c'est une philosophie trop masculine pour moi !
J'attrapais mes cours qui m'attendaient avec impatience sur la table du salon, et prévins ma colloc' de mon départ pour la fac. Je ne pouvais pas me permettre de sécher mon premier jour malheureusement, sinon je serais restée volontiers à ses côtés afin de la consoler.
Depuis mon retour je n'avais pas remis les pieds dans une salle de cours... Ca va me faire tout drôle ! Revoir mes camarades, mes professeurs...Ca m'avait manqué dans le fond : être seule pendant neuf mois avec pour seule occupation le travail ce n'était pas très réjouissant.
Absorbée par ce qu'allait être ma journée de labeur, je percutais par mégarde une personne...Ca devait être une habitude dans ce bahut. Je percutais à tout va...Je levais la tête et croisais le regard sans vie de Stellar, qui ne s'arrêta même pas pour me saluer. Je l'interpellais mais pas de réponse de sa part...Etrange non ? Je retentais l'expérience en la saisissant directement par l'épaule, mais la petite blonde se dégagea violement me lançant un regard noir dénué de toute sympathie.
-« Hé ! Ca va ? »Tentais-je, en me forçant à être sympathique (chose qui n'était pas monnaie courant chez moi faut dire, surtout quand on se comporte comme un Mowgli).
-« Lâche-moi ! Vas te faire foutre »Cracha-t-elle nerveusement, en reprenant son chemin.
Mon sang ne fit qu'un tour...Bouillonna et me tapa dans les tempes. Je me sentis bête ne sachant quoi répondre, mais surtout surprise ne m'attendant pas à de tels propos : surtout de la part de mon amie.
Quelle guêpe avait bien pu la piquer pour qu'elle me parle comme ça ? Mais pas le temps d'y réfléchir plus longuement, la sonnerie allait retentir et j'allais être en retard...Je passerais la voir ce soir.
Je traversais le hall en courant, et les cliquetis que faisaient les talons de mes bottes se perdaient dans le brouhaha provoqué par des étudiants bien peu désireux de gagner leur salle de cours.
Arrivée devant ma classe, je pus m'apercevoir qu'Asran s'y trouvait...Et encore entouré par ses grosses truies. Une envie de meurtre s'empara violement de moi. Allez savoir pourquoi ? ! Mettons donc cela sur un réveil difficile, et deux amies dans le besoin...
Je ne pus m'empêcher de le reluquer. Il portait un jean, pull avec le col de sa chemise qui dépassait. On se serait cru à Rungis....Au marché rayon viande ! Toutes les filles qui traversaient le couloir faisaient de même. Il faut avouer qu'une beauté pareille ça se regarde, n'est ce pas ? (Faites pas semblant ! Je vous ai grillé...).
Il leva son regard émeraude, me sourit, et me fit signe de le rejoindre.
-« Salut. Qu'est ce que tu fais là ? »Demandais-je sur la défensive, pour masquer mon trouble, en remettant la bandoulière de mon sac sur l'épaule.
Il passa une main dans ses cheveux, et toussota.
-« Bonjour. J'ai appris que ton prof de TD était absent, donc ton cours est annulé, alors j'ai pensé que nous pourrions réviser ce matin, si tu ne vois pas d'inconvénients ».
Je ne sus quoi répondre...J'étais scotchée. Apparemment il s'était mis au courant de mon emploi du temps, des noms de mes professeurs, de mes salles...Il devait sincèrement avoir envie de me faire des cours particuliers : Quelle classe !
J'hochais la tête et un petit rictus se dessina sur ses lèvres.
-« Je te propose que l'on aille dans une des salles de cours qui n'est pas prise : je me suis renseigné avant...Le responsable m'a passé les clés : nous avons cette classe pour les heures de révisions durant cette année scolaire ... c'est mieux au moins comme ça nous ne sommes pas dérangés. »M'informa-t-il en m'invitant à lui emboiter le pas.
Finalement je l'avais mal jugé depuis le début : c'est une personne très serviable et aimable, puis un super beau mec faut l'avouer ! Vous n'êtes pas de mon avis ? Pendant le trajet, je le dévorais du regard malgré moi, comme si je venais de le découvrir...Je me forçais à détourner le regard pour éviter tout mal entendus...Mais c'était limite une obsession.
